Isolation phonique : les 6 questions à se poser pour la réussir

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Isolation phonique : les 6 questions à se poser pour la réussir

Comprendre et réussir son isolation phonique

Vous avez pour projet d’acquérir un bien immobilier, d’entreprendre des travaux d’isolation et vous avez pensé à tout ? Embellissement de la façade, installation d’une VMC, d’un poêle à granulé… Vous avez même fait évaluer les déperditions de chaleur, et ponts thermiques par un expert en diagnostic. Mais qu’en est-il de votre isolation phonique ? Afin de gagner en confort, Oterrain se propose de vous révéler les clés d’une isolation acoustique de qualité.

L’isolation phonique : en quoi consiste-t-elle réellement ?

L’isolation phonique peut vous permettre d’améliorer votre confort de vie. Musique, conversation, claquement de talons, tous ces petits bruits du quotidien répétitifs et incessants peuvent vite taper sur les nerfs. D’où l’intérêt de soigner son isolation acoustique.

Qu’est-ce que l’isolation phonique ou isolation acoustique ?

L’isolation phonique d’un bien immobilier sert à réduire la propagation des bruits. Ces bruits peuvent venir de l’intérieur (de pièce à pièce) comme de l’extérieur (voisinage). Aussi appelée isolation acoustique, on la confond avec la correction acoustique. Laquelle permet de diminuer la réverbération sonore au sein même d’une pièce (échos). Pour être efficace, votre insonorisation doit prendre en compte :

  • Les caractéristiques du bien (état des murs, planchers, plafonds, fenêtres, portes)
  • Sa fonction (studio de musique, bureau, chambre d’hôtel, salon d’habitation)
  • Les bruits à insonoriser (équipement électroménager, voix, trafic routier)

Quels sont les types de nuisances sonores traités par l’isolation phonique ?

Les bruits aériens se déplacent dans l’air, s’insinuant dans les interstices de vos fenêtres, portes et volets. On les subdivise en deux sous-catégories :

  • Les bruits aériens intérieurs (conversations, électroménager), et ceux extérieurs (trafic ferroviaire, routier).
  • Les bruits solidiens se transmettent par la vibration des structures en elles-mêmes. Et notamment par le biais de chocs et d’impacts (chute d’objet, raclement de meubles, claquement de pas).
    Les bruits d’équipements sont à la fois aériens et solidiens, et se propagent de façon directe ou indirecte. Ils peuvent provenir de la tuyauterie, des canalisations, de la robinetterie, de la ventilation, d’un ascenseur ou encore d’une chaudière.

Quelles lois sont applicables ?

  • Les bâtiments neufs à usage d’habitation sont encadrés par la NRA (Nouvelle Réglementation Acoustique). En effet, elle fixe des mesures relatives à l’isolation acoustique entre logements ainsi que l’obligation de délivrance d’une attestation de prise en compte de ces mesures par les maîtres d’ouvrages. La NRA ne concerne que les habitations neuves (France métropolitaine) dont le permis de construire est postérieur à janvier 1996. (Pour les DOM : décret n° 2009-424 du 17 avril 2009).
  • Les bâtiments à usage autre que d’habitation : les établissements d’enseignement, de santé, et hôtelier par exemple. Ils sont également soumis à une isolation phonique spécifique prévue par la NRA. Les nuisances sonores provenant de l’espace extérieur sont encadrées par l’arrêté du 30 mai 1996. Ce dernier est relatif aux modalités de classement des infrastructures de transports terrestres et à l’isolement acoustique des bâtiments d’habitation dans les secteurs affectés par le bruit.
  • Les locaux diffusant de la musique amplifiée doivent posséder une isolation phonique conforme à l’arrêté du 15 décembre 1998 (pris en application du décret 98-1143 du 15 décembre 1998 relatif aux prescriptions applicables aux établissements ou locaux recevant du public et diffusant à titre habituel de la musique amplifiée).
  • Les nuisances sonores de voisinage doivent être éliminées par une isolation acoustique efficace quant à elles prévues par le décret 2006-1099 du 31 août 2006 (relatif à la lutte contre les bruits de voisinage).
    À noter que pour ce qui est des bâtiments existants, aucune mesure d’isolation phonique ou d’isolation acoustique n’est exigible, en dehors du respect de la non-dégradation des performances acoustiques et thermiques actuelles.

Comment effectuer une bonne isolation acoustique ?

La réussite de votre isolation phonique dépend de la technique utilisée pour vos travaux d’isolation (mur, sol ou plafond). Cependant, elle dépend aussi du choix de vos matériaux (cellulose, ouate, polyuréthane ou laine de bois).

Quelles sont les différentes techniques d’isolation phonique ?

  • L’isolation acoustique des murs et des cloisons : afin de lutter contre les nuisances extérieures comme intérieures, vous pouvez procéder à des travaux d’isolation par le biais de pose de panneaux isolant sur ossature métallique ou en bois, de pose de panneaux prêts à l’emploi, et de contre-cloisons.
  • L’isolation phonique des sols et des planchers : il existe bon nombre de solutions d’isolation intérieure pour vous protéger des sons d’impact. Vous pouvez opter pour la pose de moquette, de linos, d’isolant à dérouler directement sur la dalle de béton/mortier, ou encore d’un isolant intégré au revêtement (parquet avec isolant intégré).
  • L’isolation acoustique des plafonds, sous-toiture, et de la toiture : il s’agit de techniques particulières, comme l’isolation sous-plafond collé, ou sous-plafond fixé sur ossature métallique. Par ailleurs, on peut également imaginer des travaux d’isolation des combles aménagés ou perdus. Ou pourquoi pas s’essayer à une pose sur volige ou sur chevrons par l’extérieur de la toiture.
  • L’isolation phonique des ouvertures : si vos portes et fenêtres laissent filtrer les bruits intempestifs, il peut être judicieux de les renforcer. D’ailleurs, la pose de rideau, de capitonnage, de joints glissants, d’enduit de rebouchage, ou d’un double/triple vitrage peut alors se révéler efficace.
  • L’isolation acoustique des équipements : une VMC qui vrombit, comme une machine à laver qui tressaute, n’est pas une nuisance irrémédiable. Vous faites face à des équipements bruyants ? Des locaux techniques mal insonorisés ? Il est possible de procéder à l’installation de dispositifs anti vibratiles, de mousses acoustiques, ou encore de parements métalliques !

Quels sont les différents matériaux d’isolation phonique ?

L’efficience de l’isolation acoustique repose sur l’application de deux principes :

  • Le principe de masse, qui fait dépendre l’efficacité de l’isolation phonique à l’épaisseur du matériau isolant (mur en béton/mur de briques).
  • Le principe de la masse-ressort-masse, qui consiste à insérer une matière isolante entre deux cloisons (plaque de plâtre, lame d’air, plaque de plâtre). Le choix de l’un ou l’autre dépend des caractéristiques de votre bien immobilier (espace, surcharge, résistance thermique nécessitée), et de vos motivations personnelles (écologie, finance). Il existe donc bon nombre de possibilités présentant d’excellentes performances thermiques pour une meilleure isolation acoustique. La mousse de polyuréthane, la ouate de cellulose, les plaques de polystyrène et les rouleaux de laines minérales sont des isolants thermiques et phoniques particulièrement fonctionnels et recherchés pour l’isolation phonique. Au titre des isolants naturels, le chanvre, la laine de bois, la fibre de bois, le liège, ou le lin sont également très efficaces pour une bonne isolation acoustique, quoi que dotés d’une résistance thermique généralement moindre.

Comment savoir si ma maison possède une bonne isolation acoustique ?

Une fois installé, il vous faudra peu de temps pour vous rendre compte de la qualité de votre isolation phonique. Grâce à différents équipements, comme un sonomètre ou une machine à choc, un professionnel vous orientera sur son état. Ce diagnostic est particulièrement utile si vous souhaitez contester la bonne réalisation de travaux d’isolation acoustique et thermique. Il vous permettra également de déterminer les nuisances qui affectent le bien immobilier, et afin de mieux y remédier.